Petit guide de l’obésité Made In San Francisco

par épiquevictoire

Après tout ce temps, alors NON bien sûr que non je ne vous ai pas oubliés. Alors OUI je suis désolée de n’avoir pas trouvé de sujet dernièrement,  d’avoir eu une bonne grosse vieille flemme, de vous avoir laissé sans écrire. Mais promis, je vais rentrer dans le droit chemin.

Aujourd’hui au menu donc (menu ahah comme on rigole par ici), alors que je suis actuellement obsédée par tout ce qui peut s’apparenter de près (ou de loin) à de fins mets français (fromage, charcuterie, vin, foie gras…) à l’approche des fêtes et de mon retour en France,  je tenais à vous faire un petit bilan culinaire méthodique et précis de mes 3 premiers mois au pays du Burger.

Il me semblait important, que dis-je, E-SSEN-TIEL, d’aborder le sujet qui apparaît comme obséder tous ceux dont j’ai eu des retours et qui m’obsédait pas mal aussi avant le grand départ. Aujourd’hui, alors qu’avant de partir ma peur No1 était de devenir ENORME comme la plupart des personnes que je connais qui sont partis quelques temps aux US, parlons donc bouffe, bouffe, bouffe, kilos en trop, kilos en moins, over-gras, over-sucré et over-tout.

Chapitre 1 : le désastre Breakfast-ien

Tandis qu’en France, petit-déjeuner rimait avec petit café, petite tartine de Nutella (ou confiture pour les jours raisonnables), ou petit bol de céréales, ici le petit-déjeuner peut facilement être confondu avec n’importe quel repas. Le café que vous commanderez à un bloc du campus, fera une taille indécente et il semblera normal au camarade en face de vous de manger un burrito, un Subway ou des ailes de poulet. En effet, dans la plupart des restos et fast-foods, les choses les plus grasses que vous pouvez trouver sont disponibles en version breakfast (un peu plus petit mais tout aussi mauvais pour la santé), vous pouvez donc facilement commander un breakfast burrito dans n’importe quel resto mexicain dès 8-9am.

D’un point de vu personnel, j’ai donc opté pour le régulier et traditionnel café, tandis que j’alterne, pour la partie solide, entre céréales (qui font d’ailleurs partie des trucs les plus cher comparé à la France dans les supermarchés), et Bagels tartinés de Philadelphia. Vous ne croyez tout de même pas que j’allais rester insensible aux portions individuelles de ce fromage coulant, moelleux et grassouillet à souhait ?

Chapitre 2 : La folie des portions et du Snacking

Histoire que ce soit clair, on est ce qu’on mange, et ici tout ce qu’on mange est gros donc… (enfin tout, tout, tout, je n’ai tout de même pas ce niveau d’expertise). Le SMALL soda que vous commanderez au ciné sera un XXXL en France. Il vous semblera normal de demander une « box » au serveur à la fin du repas car la perspective de manger cet énorme plat vous fait déjà exploser, et alors qu’en France vous pouvez quitter un repas en ayant toujours un petit creux, ceci est juste impossible ici. Et encore, à San Francisco, voir des obèses est assez rare car, même si on mange BEAUCOUP, on a tout de même la possibilité de manger assez healthy.

Le second gros problème nutritionnel ici est l’omniprésence autant spatiale que temporelle de la nourriture et surtout des « snacks ». On peut manger, partout, de tout, et n’importe quoi. Dans les petits supermarchés de quartier 2-3 rayons sont réservés aux snacks sucrés (bonbons, céréales…) ou salés (chips, viande séchée, fromage en tube…) alors que seul un frigo est destiné au lait-œufs-produits de base. On ne peut littéralement pas se promener dans la rue sans voir quelqu’un en train de mâchouiller quelque chose. Hier, dans le RER local, il y avait même quelqu’un passant dans les wagons pour vendre de la nourriture. Et on retrouve le problème des portions dans ce cas là : alors qu’en France un « petit » paquet de chips pris pour accompagné un sandwich fera 30g, ici les plus petits paquets font déjà 80-100g.

Chapitre 3 : Le meilleur du pire et le pire du meilleur

Venons-en donc au cœur, au débat central de cet article. Où manger du bon gros Américain bien fat ?

1) Les petits fast-foods

En dehors, des grosses chaînes, il est très facile de trouver de quoi s’exploser la panse à chaque corner. C’est ainsi que j’ai pu goûter des Bagels à faire pâlir notre Best Bagels lyonnais (une dizaine de pain au choix, pleins de garniture…), ou encore tester le « meilleur burrito de Berkeley » dans une petite Taqueria. Pour vous expliquer tout ça, un burrito américain constitue plus qu’un repas complet : dans la galette on a bien sûr la viande mais aussi des « beans » (des haricots) et du riz, il n’est donc pas nécessaire d’investir dans un accompagnement comme je l’avais fait la première fois.

2) Burger King

Je vous imagine déjà à fantasmer devant votre écran, peut être même avec l’envie de lancer une rumeur sur l’apparition d’un Burger King en contrée française mais je vais vous  interrompre soudainement : Burger King tire son succès imaginaire chez les français qui ont posé leur lèvres deux fois sur un Whooper plus de l’inaccessible qu’il représente que de ses réelles saveurs (un peu comme l’effet qu’a actuellement l’idée de l’alcool sur moi… mais ceci est une autre histoire). Pour dire vrai, j’ai testé 3 Whoopers depuis que je suis arrivée et ça reste assez peu impressionnant, à 8$ le meal, vous avez moyen de trouver mieux, plus savoureux,  plus sain, et un cadre plus sympathique ailleurs.  Car oui ! Les Burger King sont des endroits très très glauques où tu veux simplement prendre ta commande en « Take Out » et t’échapper.

3) MacDonald’s

Ça a l’air bon hein ? MMMMmmmm… La photo est tout de même plus appétissante que le burger est savoureux. MacDo aux US, ce n’est définitivement pas MacDo en France, ce n’est pas l’endroit où on va aller manger en pré- ou post-soirée, ce n’est pas le classique du fat qu’on va savourer, ce ne sont pas des restos qu’on essaye de rendre le plus accueillants possibles. Non. Aux Etats-Unis, un MacDo, pour commencer, c’est très très moche, pour continuer c’est majoritairement le repère des SDF et des gens n’ayant vraiment que peu de budget. Autant dire que ça ne fait pas vraiment envie, par exemple, on y trouve peu de groupes de jeunes (même à côté du campus). Pour citer une référence HAUTEMENT CULTURELLE : tandis que dans la version française de LOL, on voit les lycéens traîner dans un MacDo après les cours, dans la version américaine, Miley Cyrus et ses copains vont dans un simple Diner (je sais ma démonstration scientifique élaborée est implacable). Donc, tout ça pour expliquer que MacDonald’s n’a pas vraiment bonne réputation aux Etats-Unis.

Niveau menu, je n’ai testé que 2 burgers chez eux : un Angus, avec une viande assez bonne du coup mais un peu plus cher, et un CBO. Mais MEFIEZ-VOUS ! Le CBO américain ce n’est malheureusement pas notre fameux Chicken-Bacon-Onion, ici c’est un Cheddar-Bacon-Onion sachant que vous avez le choix entre bœuf ou Crispy Chicken. Donc pour aller droit au but, ce qui me fait succomber chez MacDo, ce sont leurs nuggets, car à 5$ les 20, un nuggets américain ou français reste un nuggets (soit une chose absolument chimique) et c’est vraiment cheap, le seul côté négatif étant le manque CRUEL de sauce curry qui a été un drame dès mon arrivée.

4) Carl’s Junior

Chez Carl’s Jr, j’ai certainement dû goûter la chose la plus immonde de graisse de mon existence. Je ne sais d’ailleurs toujours pas quel est mon niveau de satisfaction face à cette chose qu’ils appellent Memphis BBQ. Par cette « chose », je veux parler d’un burger avec un steak, du fromage, des oignions fris, et une sauce à base de viande non-identifiée. Pour jouer la carte de l’honnêteté, ce burger avait réussi à m’intriguer avec une pub à base de deux filles en bikinis faisant griller ce phénomène sur un Barbecue. Après coup, je ne suis pas sûre d’avoir apprécié et je ne rentrerai plus jamais dans un bikini.

5) In-N-Out Burger

Pour finir, il paraît qu’il faut garder le meilleur, le best du best du fat du gras pour la fin. Je vous ai donc gardé cette petite pépite des chaînes de Fast-Food pour la fin. In-N-Out c’est seulement 2-3 burgers assez simples au menu mais toujours bien cuits et accompagnés de leur bonne sauce. Je pense qu’en dehors des restaurants, il s’agit du meilleur burger/ fast-food que j’ai testé en Californie. La partie mystérieuse et sacrée de In-N-Out est que, leur menu étant minuscule (3 burgers, 2-3 milk-shakes, des frites), il y a des produits hors menu (le best du best du best évidemment) que vous pouvez commander seulement si vous faites partie des initiés donc. Je crois qu’il y a des parfums de Milk-Shake supplémentaires mais aussi ET SURTOUT les Animal-Style Fries. Je vous parle donc ici de la chose la plus secrète et la plus immonde et la plus délicieuse que vous pourrez goûter sur le territoire Californien : il s’agit de frites recouverte d’une sauce avec du fromage et toutes sortes de choses. Autant dire que c’est simplement gras et fabuleux.

Voilà, j’ai donc fini ce petit point-alimentation-fat pour aujourd’hui, je tâcherai d’écrire un nouvel article à ce sujet lorsque j’aurais testé d’autres objets de tentation.

Au-delà de ça, contrairement à ce que je pensais, pas de prise de poids en quelques mois aux États-Unis, j’ai même perdu quelques kilos. Donc pour les flippé(e)s de la taille zero et pour ceux/celles qui m’ont demandé, oui, on peut partir aux Etats-Unis, s’exploser le bide de temps en temps et ne pas devenir obèse. Au final, je pense que je mange moins de burgers ici que l’année dernière où c’était 2 par midi, 3 fois par semaine en travaillant à la Part-Dieu. Ce sera donc ma bonne nouvelle du jour (la deuxième bonne nouvelle étant qu’il y a deux jeunes hommes malheureusement non-comestibles mais à moitié nus cachés dans cet article).

*

Pour conclure, je vous invite à laisser en commentaire des suggestions, des idées, des demandes, des exigences que vous pourriez avoir pour mes prochains articles.