HAPPY CAL-LOWEEN!

par épiquevictoire

Bouh! Je ne pouvais pas décemment vivre un an aux États-Unis et me permettre d’occulter la célébration d’Halloween. Ne pas vous faire un topo complet et exhaustif sur Halloween, le trick-or-treating et tout ce qu’on trouve autour serait comme ne pas aller voir le Golden Gate Bridge après un an à San Francisco (ou comme rater Coachella après un an en Californie): impossible et surtout indécent. Je tâcherais donc aujourd’hui d’être la plus complète possible à propos de cette MAJEURE célébration culturelle à San Francisco.

Avant de rentrer dans le vif du sujet et de vous parler de ce que j’ai vécu à San Francisco, je voulais vous faire une petite présentation plus ou moins historique, histoire de contextualiser tout ça. D’un point de vue étymologique tout d’abord, Halloween veut simplement dire «All Hallows’ Eve», soit la vieille de la Toussaint, jusque là tout va bien, cette fête est donc le 31 octobre tous les ans. Plus historiquement, Halloween – selon les sources les plus sûres qui soient: les souvenirs de ma classe d’anglais de 5e et Wikipedia – est une fête d’origine Celte et donc Irelandaise, et correspondrait à des fêtes païennes. Ces fêtes devaient alors ouvrir le chemin vers notre monde pour des créatures surnaturelles (fées…). Wooo-oooh, ça fait peeeuuuuur. Condamnée au Royaume-Uni par la Church of England et donc par les premiers puritans, Halloween a alors été importé aux États-Unis par l’immigration Irelandaise et Écossaise. D’abord contrainte aux communautés immigrantes, elle s’est ensuite étendue à tous les États-Unis au début du XXe siècle.

Depuis cette époque, Halloween est célébré tous les ans et les américains creusent des “Jack-O’-Lantern“ dans des citrouilles, se déguisent, vont trick-or-treating dans leur quartier, font le tour des maisons hantées et mangent des choses beaucoup trop sucrées pour être approuvées par un dentiste. Plus généralement, Halloween est juste graduellement omniprésente depuis la fin du mois d’août et jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Commençons au commencement, société de consommation à l’américaine oblige, Halloween est PAR-TOUT dans les magasins et les rues commerçantes. Ainsi, mon supermarché bio de légumes à été envahi par des citrouilles de toutes tailles et toutes formes dès mi-septembre tandis qu’à la fin de l’été, on pouvait déjà acquérir des bonbons et autres déguisements dans les rayons spécialisés de tous les supermarchés. Selon les dires de mes collègues (qui organisaient d’ailleurs, pendant le travail, un concours de déguisement le jour-J), Halloween est particulièrement célébrée à San Francisco, alors qu’on passe plus facilement à côté dans d’autres coins des États-Unis.

Aussi, alors qu’en France, la plus téméraire des familles va à peine oser décorer l’extérieur de sa maison de deux-trois guirlandes lumineuses pour Noël, un quart des maisons, dès début octobre, arborent un look spécial Halloween des plus tendances: citrouilles, fausses toiles d’araignées, fausses tombes, araignées géantes ou encore fantômes de tissus. Je vous ai donc sélectionné un florilège de maisons toutes de orange, blanc et noir vêtues.

Viens alors le moment le jour-J (ou quelques jours plus tôt), le temps assez délicat du choix du costume. Samedi, je me suis donc rendue à Costumes on Haight, un magasin de costume (comme son nom l’indique) à San Francisco. Il y avait évidemment du monde et 30min d’attentes au rendez-vous pour RENTRER dans un magasin au stock dévalisé. Dans ce petit magasin où le moindre espace est occupé pour stocker des costumes à acheter ou louer, on se rend compte alors de la perspective qu’à une fille américaine pour se trouver un costume Halloweenesque: payer 30-40$ grand minimum pour se procurer quelques morceaux de tissus dont la superficie totale ne couvre que peu de peau. Pour les hommes, au-delà du médecin et du soldat, il y avait un peu plus de propositions créatives. J’ai vu l’exemple d’un costume de Bouddha doré géant avec tête, mains et pieds compris ainsi que des animaux à poils – à ce jour non-identifiés – géants.

Plutôt perplexe devant mon petit budget et les propositions plus qu’indécentes, j’ai donc opté pour du home-made à l’ancienne. Samedi soir, le soir où les fêtes d’Halloween se déroulaient à Berkeley (et oui, pas de jour férié pour la Toussaint ici, bande de chanceux), j’étais donc déguisée, quelque part entre un Zombie et un Vampire.

Pour effectuer ma morbide transformation, j’ai opté pour l’achat de ce kit de maquillage d’Horreur dans le magasin de déguisement pour la simple somme de 6$. J’ai ensuite ajouté un T-shirt noir et un collant que j’ai déchiré plus que de raisonnable (je vous laisse imaginer la tête des passagers de mon bus tandis que j’avais l’air d’une dérangée psychologique effectuant les trous les plus gros possibles dans son collant). Ainsi apprêtée, j’ai donc pu célébrer Halloween comme tout étudiant de Berkeley dans des soirées de fraternités ou de coop’.

Pour finir cet article en beauté, voici donc les déguisements de ma pré-soirée d’Halloween (vous excuserez la mauvaise qualité, iPhone 4 dans le noir oblige). Comme dans un exposé, j’aimerais mettre en valeur la constante du costume féminin à l’américaine: j’ai jugé utile de préciser le ridicule du “sexyness“ qui semble ici inévitable. Sachant que les costumes présentés ci-dessus étaient tout de même dans les plus soft que j’ai vu ce soir là, moi et mon look monstrueux (même ci j’avais tout de même fait péter le short de chagasse par dessus mes collants) devaient certainement être les moins attrayants de tout Berkeley. Comme dirait assez sobrement Mean Girls, “dans le monde des filles, Halloween est est la seule nuit de l’année où une fille peut s’habiller comme la pire des chiennes et personne n’y trouve rien à redire“.

Je vais donc sagement terminer sur ces nobles paroles de Lindsay Lohan et vous souhaiter une bonne nuit ou une bonne journée… Méfiez-vous tout de même, il se pourrait que le zombie en moi ai toujours un petit creux et, si vous avez une envie de vous imprégnez de la culture Halloween américaine? Je vous conseille tout simplement de vous plonger dans de la bonne pop culture comme on les aime: des films de vampires à True Blood, de Sweeney Todd au nouveau Frankenweenie et SURTOUT ne passez pas à côté de la scène mythique de Mean Girls.